Surveillance, désarmement de la police, réseaux locaux : le maire de Saint-Denis sur une ligne de crête

05.07.2026


À Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), les premières années de mandat de Bally Bagayoko, maire La France insoumise élu à l’issue des municipales de 2026, sont désormais scrutées à la loupe. Entre décembre 2025 et juin 2026, l’élu est intervenu à deux reprises en faveur d’Ahmed et d’Adams Doumbia, deux frères plusieurs fois condamnés, notamment pour trafic de drogue, selon une enquête de la cellule investigation de Radio France. Ces démarches, que l’élu assume tout en contestant toute lecture compromettante, nourrissent un débat déjà vif sur ses rapports avec certains acteurs des quartiers populaires de la ville.

Premier épisode en décembre 2025, alors que Bally Bagayoko est encore en campagne. Il sollicite l’adjoint au commerce pour qu’il examine « a minima » le dossier d’Ahmed Doumbia, 49 ans, dont le casier judiciaire est particulièrement chargé : trois ans de prison en 1998, six ans en 2010 pour trafic de drogue, puis cinq ans supplémentaires en 2017 pour menaces de mort contre des policiers. L’intéressé exploite une boîte de nuit non conforme à la réglementation, dans le viseur de la mairie pour plaintes de riverains, présence de stupéfiants et vente d’alcool sans licence. Malgré l’intervention du futur maire, la réouverture est finalement refusée par les services municipaux.

Quelques mois plus tard, l’enquête s’intéresse au cas d’Adams Doumbia, frère d’Ahmed, qui dirige de manière officieuse la section football d’un club omnisports de Saint-Denis. Lui aussi a été condamné à plusieurs reprises : sept ans de prison en 2004 pour des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, un an en 2009, puis neuf ans en 2021 pour trafic de drogue. Dans un contexte de tensions internes et de soupçons de malversations financières au sein du club, le soutien politique à un projet porté par cette structure pouvait ouvrir l’accès à 111 000 euros de subventions, selon les éléments révélés. Là encore, le rôle joué par le maire auprès de cette figure locale, très implantée dans le tissu sportif, interroge une partie de la classe politique et des acteurs institutionnels.

Ces révélations s’ajoutent à un climat déjà tendu autour de la lutte contre le narcotrafic à Saint-Denis. Pendant la campagne municipale, le socialiste Mathieu Hanotin, alors maire sortant en quête de réélection, avait multiplié les mises en garde sur les « liens supposés » entre certains trafiquants et son adversaire. Sans accuser directement Bally Bagayoko de complicité, il affirmait que « les narcotrafiquants ont fait un choix et s’impliquent dans cette élection », en expliquant que leur objectif serait de faire tomber une équipe municipale qui avait durci la répression : caméras de vidéosurveillance multipliées par dix, effectifs de police municipale quadruplés. Dans le même temps, Bagayoko défendait un désarmement de la police municipale, aux contours encore flous, un positionnement qui contraste avec la stratégie sécuritaire revendiquée par son prédécesseur.

Sur le terrain, certains agents municipaux font état de pressions exercées par des dealers et des guetteurs, relatent les mêmes sources. Des propos menaçants auraient été captés par les caméras-piétons des policiers : « On a pris notre carte électorale et dans deux mois, on vous vire et on prend votre place », rapporte Hanotin à la cellule investigation de Radio France. Face à ces accusations, Bally Bagayoko met en avant son parcours et ses attaches locales. Sur la chaîne YouTube Zawa Talk, il revendique avoir « grandi dans un quartier » et affirme que, dans son entourage, « forcément, il y a ceux qui prennent des parcours de ce type ». « Ça se respecte, quel que soit leur parcours, on n’a pas à juger les gens », ajoute-t-il, en écho à une ligne de défense qui se veut fondée sur la proximité sociale et le refus de stigmatiser des habitants passés par la justice.

Pour l’heure, l’élu conteste toute interprétation qui ferait de ces interventions une forme de complaisance envers le trafic de drogue. Mais la succession de dossiers – boîte de nuit illégale, club de football sous tension, figures locales au lourd passé judiciaire – place sa mairie dans une zone de turbulences politiques. Entre exigences de sécurité, équilibre des pouvoirs dans les quartiers et relais associatifs ou économiques parfois issus de trajectoires pénales, Saint-Denis illustre la ligne de crête sur laquelle doivent évoluer les exécutifs locaux, sous le regard de plus en plus insistant des enquêteurs, des oppositions et des habitants.

Nach Bauverzögerung: Bahn öffnet Kernkorridor Hamburg–Berlin mit Einschränkungen

15.06.2026


Nach gut zehn Monaten Bauzeit ist die stark befahrene Bahnstrecke zwischen Hamburg und Berlin wieder vollständig in Betrieb – allerdings mit sechs Wochen Verspätung gegenüber dem ursprünglichen Zeitplan. Am frühen Morgen fuhr der erste Fernzug um 5.36 Uhr mit leichter Verspätung vom Hamburger Hauptbahnhof in Richtung Hauptstadt ab, wie die Deutsche Bahn mitteilte. Bereits seit Samstagabend nutzen Güterzüge den Korridor, seit Sonntag rollen auch wieder Fern- und Regionalzüge regulär über die sanierte Verbindung.

Für Tausende Pendlerinnen und Pendler entfällt damit der belastende Ersatzverkehr mit Bussen. Während der Generalsanierung war der Fernverkehr über Stendal und Uelzen umgeleitet worden, regionale Verbindungen zwischen Hamburg und Berlin fielen monatelang aus. Schon Mitte Mai hatte die Bahn einen ersten Teilabschnitt entlastet und die durchgehende Verbindung zwischen Hamburg und Schwerin wieder aufgenommen. Nun ist die gesamte Achse zurück im Netz – die Bahn warnt jedoch vor Anlaufschwierigkeiten und empfiehlt, Fahrzeiten vorab zu prüfen.

Die Wiederinbetriebnahme verläuft holprig. Am ersten Betriebstag sammelten sich auf der frisch sanierten Strecke Verspätungen von mindestens 15 Minuten, teils deutlich darüber. Fernzüge benötigten am Sonntag in der Regel mehr als zwei Stunden und 15 Minuten zwischen den Hauptbahnhöfen, obwohl die schnellsten ICE nach Abschluss der Arbeiten eigentlich in rund einer Stunde und 47 Minuten verkehren sollen. Hintergrund ist unter anderem, dass das für Tempo 230 ausgelegte LZB-Zugsicherungssystem auf Teilen der Trasse noch nicht abgenommen ist. Auf diesen Abschnitten gilt vorerst das PZB-System mit einer zulässigen Höchstgeschwindigkeit von 160 Stundenkilometern.

Die Bauarbeiten auf der 2025 begonnenen Generalsanierung umfassten nach Bahnangaben die Erneuerung von 165 Kilometern Gleisen und die Instandsetzung weiterer 61 Kilometer. Zudem wurden 249 Weichen eingebaut und 28 Bahnhöfe modernisiert. Der ursprünglich bis Ende April angesetzte Abschluss verzögerte sich durch einen harten Winter und gefrorenen Boden, der den Zeitpuffer aufbrauchte. Mit der jetzt abgeschlossenen Kernsanierung ist die Verbindung zwischen den beiden größten deutschen Städten infrastrukturell deutlich erneuert, ihre geplante Höchstleistung im Fahrplanbetrieb dürfte aber erst erreicht werden, wenn die technischen Zugsicherungssysteme auf der gesamten Strecke vollumfänglich verfügbar sind.